Travailleurs handicapés : réalité ou fiction ?

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Trente ans après la loi de Philippe Séguin sur le handicap dans les entreprises, le bilan se révèle mitigé. Si certaines entreprises respectent le quota minimum de 6% de travailleurs handicapés, d’autres en revanche essaient de se soustraire à la mesure. Qu’en est-il de Silicom ? Réponse de Philippe Reuilly, en charge des IRP (Instances Représentatives du Personnel).

Si le terme de « travailleurs handicapés » est apparu pour la première fois en 1957, dans la loi du 23 novembre sur le reclassement des travailleurs handicapés, c’est pourtant un autre texte législatif sur le sujet qui a frappé les esprits.

Partie de l’initiative de Philippe Séguin, alors ministre des Affaires sociales et de l’Emploi, la loi du 10 juillet 1987 a marqué un tournant dans la représentation du handicap dans les sociétés.

Un texte majeur intimant le devoir à « tous les employeurs (privés ou publics), occupant au moins 20 salariés, d’employer au minimum 6% de travailleurs handicapés ». Un chiffre, hélas, qui n’est pas systématiquement respecté.

Quid de Silicom ? « L’entreprise emploie des salariés avec un handicap » rassure Philippe Reuilly, tout en ajoutant, « nous n’allons pas exclure des handicapés à l’embauche, mais nous n’allons pas non plus en recruter sous prétexte qu’ils le sont. Avant tout, nous refusons de raisonner en terme de quotas ».

 

L’embauche ou l’amende 

 

Certaines entreprises choisissent néanmoins de se soustraire à la loi de 1987. Pour éviter d’avoir à embaucher le quota minimum de travailleurs handicapés, prévu par le texte, ces sociétés payent une contribution à l’Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées).

Bien évidemment, plus la structure de travail est grosse, plus « l’amende » à l’Agefiph sera élevée. Ainsi, depuis le 1er janvier 2017, la facture pour les entreprises de plus de 750 salariés s’élève à la modique somme de 5836 euros.

Face à la question pour le moins épineuse du handicap en entreprise, des progrès doivent être entrepris. D’après Philippe Reuilly, « cela passe par un recensement exhaustif des handicaps. Il y en a qui sont visibles et d’autres qui le sont beaucoup moins. Certains n’osent pas encore déclarer leur handicap, par peur que cela puisse avoir des conséquences sur leur travail ». Une situation qui est donc amenée à évoluer.

Chez Silicom, malgré la volonté de lutter contre l’idée de quotas, le handicap n’est pas un frein à l’embauche. « Le but de notre entreprise est de fournir des prestations intellectuelles. Ce sont plus le CV et les capacités à interagir avec les clients qui vont importer, que le handicap en lui-même, qui par ailleurs, n’est absolument pas un filtre à l’embauche ». Tout n’est pas perdu. 

Par Antoine Le Fur